Quezako la chorale Abalabu ?

Publié le par fabien

De l’abus...
Pendant qu’on nous annonce avec satisfaction la baisse du chômage, ou, avec un sanglot dans la voix, son augmentation, les radiations de chômeurs se multiplient ; l’intérim explose ; le temps partiel n’a jamais été si important ; les petits boulots se développent ; les emplois type CES, CEC, CIE ne se comptent plus ; les CDD sont partout...
Cela fait plus de 20 ans que le chômage est structurel, massif et de misère (seuls 4 chômeurs sur 10 sont indemnisés par les Assedic à, en moyenne, moins de 600 euros par mois). Dans le même temps, les conditions de travail se sont dégradées et son coût a baissé au point que 3,4 millions de salariés touchent moins que le Smic et que, selon l’Insee, 3 personnes sans domicile sur 10 travaillent.
La précarité est ainsi devenue la norme pour des millions de femmes et d’hommes.
 
...A Abalabu !
- Septembre 2004 - fête de l’Humanité à la Courneuve.
Dans un stand de l’APEIS archi comble résonne le refrain « Motivé, motivé, il faut se motiver », c’est la chorale 100% Famille accompagnée de quelques musiciens du roupe Motivés et Mouss de Zebda qui enflamme par ses reprises de chants révolutionnaires les militants et les personnes présentes sur le stand. C’est une atmosphère magique qui rallume dans les yeux de nombreux d’entre nous l’espoir, trop souvent perdu dans les soucis de la vie quotidienne, d’une vie meilleure.
Et puis c’est l’idée « et si on en montait une nous aussi ? »... Les réseaux se mettent en marche. Manuel, chanteur du groupe de reggae Baobab et membre de l’association Conscience et Culture, est pressenti pour être le coordinateur au niveau artistique de cette nouvelle troupe, quelques jours après c’est le nom d’ABALABU qui est proposé pour cette chorale déjà hors norme de part les personnalités qui la composent, les chansons reprises, les idées qu’elle défend...
Et puis notre travail, les répétitions tous les lundis, la joies, les fous rires, les jours sans, les bonnes et les fausses notes, les manifs...ponctuent le quotidien de touches d’espoir.
Attachés à la beauté et à la force des mots, nous espérons créer des moments populaires. C’est-à-dire un espace festif où l’on se retrouve en famille, entre amis et où règne une atmosphère d’insolence et de rébellion. Cette atmosphère fraternelle participe à faire de notre spectacle un acte politique.
 
Comment fonctionne la chorale
Aucune connaissance musicale, aucun niveau particulier n’est exigé. Il n’est pas nécessaire d’avoir une voix remarquable. La sélection préalable des choristes est contraire à nos principes.
Il suffit d’aimer chanter pour nous rejoindre ! Cette chorale est un collectif d’enfants, de parents et de grands-parents qui se sont mobilisés dans une action citoyenne, une chorale qui reprend des chants de luttes et des chants témoignant de nos vies.
 
Ce que nous chantons
Nous souhaitons écrire une histoire qui se veut créative et envisager un futur possible sans pour autant trahir le passé pour ouvrir de nouveaux possibles en exhumant ces épisodes du passé laissés dans l’ombre et au cours desquels, même si ce fut trop brièvement, les individus ont su faire preuve de leur capacité à résister, à s’unir et parfois même à l’emporter.
Nous voulons que notre avenir soit plus à l’image de ces brefs moments de solidarité qu’à celle des guerres interminables. Beaucoup de chansons choisies disent la misère, les difficultés ou les espoirs des travailleurs, soutiennent leurs grèves, d’autres sont pacifiques, elles critiquent telle tare de l’armée, de la bourgeoisie, de la police, ou de nous-mêmes... Ces chansons participent à la critique, à la dénonciation des institutions en place et, par là même, jouent, même inconsciemment, un rôle subversif.
Certaines des chansons que nous voulons reprendre ont été des chansons populaires et certaines le sont toujours, d’autres n’ont connu qu’une existence éphémère mais méritent à notre sens de sortir de cet anonymat car elles éclairent certains épisodes des luttes politiques et sociales.
 
Ce que nous voulons réaliser.
L’idée de monter une chorale, point de rencontre entre des chômeurs, des précaires ou des travailleurs, des professionnels, des associations se veut un début de réponse à une véritable cohésion sociale et à un apprentissage du vivre ensemble.
C’est ici notre pierre à l’édfice de cette connaissance des luttes, que nous apportons par la reprise de chansons qui dresse un panorama de quelques uns des grands moments de l’histoire des mouvements sociaux et politiques.
Si nous voulons nous produire sur scène, vous nous verrez aussi au détour d’une rue ou d’une manif pour soutenir des chômeurs ou des travailleurs en lutte et dans tous les lieux ou il y a de la vie et de la solidarité.
 
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